BOB DYLAN, LE RETOUR

Dans la famille « même pas mort », on demande le patriarche, le chef de file, l’icône, l’idole… Chacun lui donne le statut qu’il désire, mais tout le monde y trouve son compte. Ne pas l’enterrer trop vite, entre expo et concert, Bob Dylan est toujours là, la preuve avec Pression Live, qui vous fait gagner des places pour son concert aux Vieilles Charrues.

dylan_546x363

Qu’on aime ou pas, difficile même pour le plus sceptique d’entre nous de nier l’influence de Bob Dylan sur le paysage musical depuis près de 50 ans. Sans vouloir trouver de prétexte douteux, ce n’est quand même pas pour rien que la Cité de la Musique lui consacre une exposition (à voir !) façon légende vivante de qui il n’est pas inutile de retracer le parcours. Comme si cela ne suffisait pas, le chanteur-compositeur-poète-génie, qui a soufflé ses 71 bougies très récemment (le 24 mai) trimbale encore sa folk par delà les frontières. Pas question de négliger le public international, il sera cet été une des plus grosses têtes d’affiche des festivals français, qu’il honore de sa présence. Aujourd’hui, Dylan n’a plus rien a prouver, et le montre en agissant comme bon lui semble, il n’a par exemple aucun mal à assumer son dernier album, « Christmas In The Heart », paru en 2009, composé de chants de Noël version rock.

Si on ne fait plus tellement la distinction entre la folk et le rock, c’est bien à l’ami Bob qu’on doit le rapprochement. Car s’il se présente maintenant sur scène calé dans le fond de sa chaise tel un vieux briscard de la musique, il n’en a pas toujours été de la sorte. Le digne héritier de Woodie Guthrie a commencé par la folk music, mélangeant ses paroles poétiques, empreintes des couleurs de la société de son temps à sa voix nasillarde. Il a de cette façon totalement repensé et redéfini la manière de faire de la musique. Rétrospectivement, c’est un peu grâce à lui que des groupes comme Nirvana et un style comme le grunge ont vu le jour. Oui oui, de « Time They Are A-Changin’ » à « Come As You Are », il n’y a qu’un pas ! Bon d’accord, peut-être deux…

Après avoir composé la bande-son des hippies pas super super fans de leur société, Bob Dylan veut « s’électriser » un peu. Alors qu’il n’a que 24 ans, et déjà une notoriété bien assise, il décide de jouer au festival de Newport armé d’une Fender Stratocaster noire (la guitare électrique par excellence). C’est la première fois qu’il se présente sur scène non muni d’une guitare sèche, et ce n’est manifestement pas du goût de son public, qui ne trouve rien de mieux à faire que de le siffler et le huer. Loin de se laisser abattre, le chanteur le plus repris de tous les temps ressort son instrument d’origine (la guitare sèche) pour satisfaire ses fans. La morale de l’épisode ? Dylan a simplement conquis de nouvelles oreilles et tracé le sillon d’un genre nouveau, le folk-rock, que les Byrds et autres Buffalo Springfield ne tarderont pas à creuser.

Dylan, c’est un style, une imagerie rock où le cuir et la moto sont érigés en pièce maîtresse, mais aussi et surtout un talent d’écriture inégalé. Au-delà des genres de musique qu’il a dessinés avec ses albums mythiques tels que « Blonde On Blonde » ou « Highway 61 Revisited » (une trentaine d’albums à son actif quand même), c’est dans l’écriture qu’il s’illustre tout particulièrement. Dans la composition, que d’autres lui empruntent avec talent, il suffit d’écouter la version de « All Along The Watchtower » de Jimi Hendrix ou de « Knockin’ On Heaven’s Door » des Guns N’Roses pour s’en assurer. Ou dans les textes, qui se fondraient parfaitement dans un recueil de poèmes. Ce ne sont pas les Rolling Stones qui s’en plaindront…

En attendant le prochain album du chanteur, Pression Live fait gagner des places pour les Vieilles Charrues, où il donnera, c’est certain, un concert à la hauteur de sa réputation. Pour patienter, rien de mieux que de se remettre dans le ton avec « No Direction Home », le documentaire de Martin Scorsese ou le plus divertissant « I’m Not There » avec Cate Blanchett métamorphosée pour l’occasion. Dylan est partout, et c’est loin d’être désagréable !

À vos commentaires