BUG DE SCÈNE

e chanteur de Green Day fracasse sa guitare, Madonna dévoile son anatomie à ses fans… parfois certains artistes craquent complètement sur scène. Mais cela ne date pas d’hier. Retour sur les plus belles folies live de nos artistes favoris.

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Le concert est avant tout un show, l’endroit où artiste comme public peuvent complètement lâcher prise et laisser libre cours à leur imagination. La scène permet de théâtraliser les comportements et donne ainsi parfois de sacrés résultats. Cartographie des délires les plus fous.

Destruction d’instruments

On accorde souvent à Jimi Hendrix, dieu de la six-cordes, la paternité en matière de destruction de guitares. Pourtant c’est à Pete Townshend, guitariste des Who, que revient le titre de précurseur dans cette discipline. Lors d’un concert au milieu des années 60 dans une salle confinée, il a mis en pratique son légendaire moulinet se terminant par un levé de guitare… plantant ainsi cette dernière dans le double plafond. Voulant la décrocher, il la brutalisa un peu, finissant par la casser. Il raconte que le lendemain, le groupe a vu débarquer deux fois plus de public que la veille ; les rumeurs s’étaient propagées sur un guitariste fou furieux brutalisant son instrument. Pour Hendrix, c’est plutôt dans l’art crématoire qu’il excelle, muni d’un petit flacon d’essence à briquet et de son zippo. Il ne faut pas chercher plus loin, c’est pour et par le rock que cette pratique est née et perdure 60 ans après l’invention du genre. Le pianiste-rockeur Jerry Lee Lewis est officiellement le premier artiste à avoir dézingué un instrument, et là on parle d’un piano, à la hache, messieurs dames, attention. Le dernier en date est certainement Billie Joe Armstrong. Le chanteur de Green Day est entré dans une colère noire lors d’un concert à Las Vegas le 21 septembre. Après avoir appris qu’il ne lui restait plus qu’une minute à jouer, il a multiplié les insultes avant de fracasser sa belle Gibson. Un coup de sang dû en partie à un excès de substances et à l’alcool, dit-on. En même temps on ne peut s’empêcher de se mettre à sa place : se faire chronométrer pour qu’Usher puisse venir prendre la relève sur scène, quand on est punk, ça doit froisser un tantinet. C’est ce qui s’appelle avoir une vraie rock attitude et beaucoup sont passés par là, de Kurt Cobain à Ritchie Blackmore en passant par Arcade Fire. Certains en font même un fond de commerce, ils vont jusqu’à se faire apporter un instrument cheap spécialement pour le détruire, histoire de ne pas abîmer leur joujou favori. Un peu moins fun, non ?

À poil !

Dans les pratiques les plus courantes, dévoiler son anatomie fait partie des grands classiques. Montrer son corps dans une transe quasi animalière relève presque du rituel tribal. Le pro des pros dans cette catégorie est sans nul doute Iggy Pop, qui nous a d’ailleurs encore une fois coupé le souffle au Casino de Paris. 65 ans ! Quelle énergie ! Et puis l’iguane a cette manie de toujours ouvrir les boutons de son pantalon, le laissant parfois (souvent) tomber à ses genoux. Dans le même genre, Jim Morrison, des Doors, prenait souvent un malin plaisir à mimer des actes sexuels sur scène, notamment avec son guitariste Ray Manzarek, ce qui leur valut quelques interdictions scéniques. On parle là de jeunes éphèbes, mais les femmes n’échappent pas à la règle quand il s’agit de jouer avec son corps. On pense par exemple à la chanteuse déjantée Nina Hagen, réputée non pas pour mimer, mais pour exécuter… elle n’hésite pas à se masturber sur scène avec son micro, provoquant souvent des réactions très partagées, entre le fantasme et le dégoût. Plus récemment, c’est la première reine de la pop qui a voulu défendre son titre lors de son gargantuesque  »MDNA Tour ». Parmi toutes ses excentricités scéniques, Madonna n’a pas oublié de se dévêtir, comme à Rome où elle a montré son arrière train, ou à Istanbul où elle a décidé qu’il serait bon de laisser respirer un de ses seins, prouvant au passage qu’elle pouvait elle aussi être rock’n'roll !

Appelez la SPA

Pour finir, évoquons une pratique plutôt barrée et souvent appréciée des chanteurs de métal. Il faut bien sûr préciser qu’il y a de nombreuses légendes urbaines qui circulent et que tous les faits qu’on évoque n’ont pas été vécus… Il s’agit des divers animaux amenés sur scène et souvent maltraités (autant préciser tout de suite : on ne cautionne pas… sans cependant remettre en cause les qualités artistiques de ceux dont on va parler). L’idée est quasiment toujours la même : ramener un animal et lui infliger toutes sortes de peines, souvent jusqu’à la mort. Ozzy Osbourne aurait décapité une colombe, mais aussi une chauve-souris, il s’en était d’ailleurs expliqué à l’époque, disant qu’il pensait avoir affaire à un jouet en plastique. Alice Cooper avait de son côté l’intention de rendre sa liberté à un poulet qu’un fan avait lancé sur scène, le renvoyant dans la foule. Le pauvre poulet n’y survécut pas. Le chanteur, étonné, avait déclaré à un journaliste  »pour moi, un oiseau, c’est censé voler ! ». Il aurait également écrasé des poussins sur scène, pour le coup, pas d’excuse, quand on marche sur un animal, ce n’est pas pour lui donner la liberté… Certains préfèrent s’infliger le mal à eux-mêmes, c’est ainsi que notre ami Iggy Pop se scarifiait régulièrement dans les années 70 à l’aide de bouteilles cassées ou autre, passant ainsi pour un fou auprès de son public complètement fasciné par ses actes. Marilyn Manson cultive également de nombreux mythes autour de son personnage scénique. La scarification fait partie intégrante des pratiques qu’il met en œuvre sur scène. La musique, le show et le personnage ne font plus qu’un, pour le plus grand plaisir du public.

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