ÇA « SOUL » GRAVE

On a déjà parlé de rock, de blues, d’électro ou de pop, mais quid de la soul ? Ce n’est pas parce qu’une certaine Amy W. nous a quittés l’an passé qu’il faut se laisser abattre. Story d’hier à aujourd’hui.

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Changement de décors : retour aux Etats-Unis dans les années 50. Le peuple afro-américain vibre alors au son du rythm and blues et du gospel, cette musique d’église très appréciée par une communauté fervente de la parole de dieu. Un homme, Ray Charles, aura, à force d’expérimentations, l’idée de mélanger ces deux genres, quitte à rendre profane une musique d’église. Avec son album  »Soul », paru en 1958, le genre à proprement parler était né, ouvrant la voie à de nombreux artistes tous plus soulful les uns que les autres. Cette même année va se créer à Memphis un des deux labels pionniers, Stax, qui imposera un son unique en son genre. La patte Stax, autrement appelée  »Memphis sound », se nourrit des influences de sa région : blues, gospel, mais aussi country. Les compositeurs maison sont aussi à même de devenir des interprètes reconnus, en témoignent Isaac Hayes ou encore Steve Cropper, à qui on doit ce riff entêtant du plus grand morceau d’Otis Redding :  »(Sittin’ On) The Dock Of The Bay ». Un an plus tard, à un bon millier de kilomètres au nord (228 heures de trajet à pied, au cas où…), à Detroit, un homme du nom de Berry Gordy va créer la Motown, avec la ferme intention de séduire aussi bien le public blanc que le public noir.

Il faut remettre les choses dans leur contexte : à cette époque, la ségrégation a encore cours et il faudra attendre 1964 et le Civil Right Act pour que les discriminations raciales ne soient considérées comme illégales. À force de luttes plus ou moins violentes (entre les notes sucrées de Stevie Wonder ou des Jackson Five et les émeutes sanglantes ou les actions musclées des Black Panthers, il y a quelques différences…), les noirs se font une place au sein de la société et ça se sent dans les charts musicaux, puisque certains artistes comme Michael Jackson ou Marvin Gaye arrivent à se positionner à la tête des classements. Une victoire qui en dit long sur les évolutions de l’époque.

Le credo de la soul est universel : une fidèle équipe se charge de l’instrumentation, simple bien que riche en arrangements et un chanteur déchaîne ses passions internes pour mieux réveiller les nôtres. Auparavant, une écurie maison se chargeait de tous les enregistrements (The Funk Brothers pour Motown, Booker T. & the MG’s pour Stax), les choses ont un peu évolué, même si on retrouve souvent les mêmes à certains postes. C’est le cas pour le label Daptone Records qui place ses Dap-Kings un peu partout, que ce soit derrière Sharon Jones ou pour certains morceaux d’Amy Winehouse. Aujourd’hui la soul a retrouvé tout son charme d’antan parmi les grand flots revival qui se sont déversés dans les différents univers musicaux. Aujourd’hui deux démarches s’affrontent : d’un côté les puristes tentent de remettre au goût du jour une soul pure et teintée des sons les plus traditionnels tandis que d’autres s’évertuent à la saupoudrer de touches plus modernes. On trouvera donc chez les fervents défenseurs de la mouture à l’ancienne des artistes comme Raphael Saadiq, Sharon Jones, les nantais de Malted Milk, ou encore Seal. On n’oubliera d’ailleurs pas de rappeler que ce dernier sera en concert au Zénith de Toulouse le 8 novembre et que Pression Live vous fait gagner des places pour aller vous faire hérisser les poils.

Dans l’autre camp, certains styles sont venus se glisser dans les influences jusqu’à transpirer dans les morceaux. D’abord, évidemment, la nu-soul a emporté le coeur de pas mal d’artistes comme Alicia Keys ou Erykah Badu. Certains oscillent en permanence, comme Joss Stone qui, a 25 ans, trimbale déjà sept albums studio derrière elle et comptabilise de nombreuses collaborations sur son cv. Son  »Soul Sessions 2 », tout juste sorti, renoue avec ses amours passées, pour le plus grand bonheur de ceux qui l’ont découvert et aimé dès ses débuts, il y a 9 ans déjà. D’autres se laissent happer par des genres plus diversifiés. On trouve ainsi quelques touches de folk ou de pop, comme chez Ayo, ou bien Irma, plus jeune, mais aussi peut-être plus diversifiée. Pour se faire une idée, rendez-vous le 2 novembre à l’Aéronef de Lille. Encore une fois, il est possible de jouer pour gagner des places avec Pression Live.

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