ENTRE CONTEMPORAIN ET ANNÉES 80, KAVINSKY TISSE SA TOILE

Lunettes noires et clope au bec, le zombie français de l’électro Kavinsky a enflammé la scène du Diane’s, le 14 juillet, lors du festival Les Francofolies de La Rochelle, un événement dont Pression Live était partenaire. Un show où le DJ s’est fait plaisir en jouant ses titres mais aussi en remixant ceux de ses amis les Daft Punk. Mais qui se cache derrière ces lunettes ?

kavinsky

C’est en 1975 en Seine-Saint-Denis que Vincent Belorgey, alias Kavinsky, voit le jour. Une adolescence passée dans les années 80, et cela se sent. Outre les lunettes noires et une dégaine so rock 80’s, c’est surtout derrière les platines qu’il montre toute sa passion pour le son si particulier de cette décennie. Ce n’est pourtant qu’au 21ème siècle que l’électro du musicien commence à percer. Évoluant sous l’image d’un zombie, c’est en 2005 que sort son premier EP intitulé “Teddy Boy” sur lequel se trouve de petites curiosités comme “Testarossa Nightdrive”, “Ghost Transistor” et surtout “Testarossa Autodrive”. Un titre électro contemporain mais mixé avec une mélodie façon synthétiseur, non sans rappeler les grandes bandes originales de film des années 80, et plus particulièrement le style de « Chase » de Giorgio Moroder sur le film “Midnight Express”. Une des compositions les plus représentatives de ce son électronique de la fin des années 70/début 80.

Deux ans plus tard, Kavinsky revient dans les bacs avec l’EP “1986” qui ne pouvait pas être mieux nommé. Proposant des compositions similaires à sa précédente production, ce disque affiche clairement son envie de faire danser les foules avec des pistes comme “Wayfarer”, encore plus énergiques. Avec “1986”, Kavinsky réussit surtout à se retrouver en première partie de la dernière tournée des Daft Punk. Véritable amoureux de la scène, il commence à se produire en Europe et dans le reste du monde, proposant des shows hypnotisants. Lunettes noires et cigarette à la bouche, le DJ fait bouger les salles et son public, comme tout récemment en France lors du festival Les Francofolies de La Rochelle.

C’est en 2010 qu’arrive l’un des tournants de la carrière de Kavinsky, tant sur le plan musical que populaire, avec la sortie de l’EP “Nightcall” produit par Guy-Manuel de Homem-Christo, membre de Daft Punk. Gardant la même signature que ses compositions précédentes mais dans un esprit bien plus atmosphérique que dansant. La chanson éponyme, réalisée en duo avec Lovefoxxx, chanteuse du groupe CSS, est choisie comme morceau d’ouverture du film « Drive », réalisé par Nicolas Winding Refn et sorti en salle en 2011. Le titre fait rapidement parler de lui grâce à des spectateurs charmés, en particulier par sa musique. La bande originale de « Drive” a d’ailleurs été plusieurs fois nominée, notamment aux Satellite Awards 2011. Avec le succès du film et de sa BO, le DJ devient connu dans le monde entier. Un succès qu’il doit donc à son premier amour, car avant d’être un nom de la musique électro, Kavinsky est un acteur.

Amateur du 7ème art, c’est en 2001 qu’il apparaît à l’écran dans “Nonfilm” le moyen métrage de son ami Quentin Dupieux, autre DJ évoluant sous le célèbre pseudonyme de Mr. Oizo. Une réalisation dans laquelle il tient le rôle principal en compagnie d’un autre musicien, moins connu à l’époque qu’aujourd’hui, Sébastien Tellier. Par la suite, il tourne dans des films à l’humour décalé et loufoque comme « Atomik Circus, le retour de James Bataile», « Ultranova » ou « Aaltra ». En juin 2007, il joue à nouveau pour son compère Quentin Dupieux/Mr. Oizo dans “Steak” aux côtés du duo comique Eric et Ramzy. En avril 2012, il produit un nouveau morceau, “Road Game”, qui est utilisé dans une publicité du constructeur automobile Mercedez-Benz. Actuellement en tournée mondiale, c’est en octobre prochain que Kavinsky reviendra dans les bacs avec son premier album sobrement nommé “Mon Album”.

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