GOSSIP : LA STORY

Qui est Beth Ditto ? Comment Gossip est-il passé du statut de petit groupe underground du fin fond des États-Unis à celui d’icône cumulant les disques d’or ? Pression Live vous dit tout.

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Dans la vieille guerre qui oppose la musique indépendante à la musique  »mainstream », certains groupes ont réussi à mettre tout le monde d’accord. Gossip est un de ceux-là. Le trio américain, formé en 1999 à Olympia, aux États-Unis, se revendique du milieu underground et cite parmi ses influences des groupes comme Siouxsie and the Banshees ou le rebelle le plus célèbre des années 90 : Nirvana. Pourtant, près de 15 ans après sa naissance, Gossip passe à la radio, remplit les grandes salles et sort ses disques sur la deuxième plus grosse maison de disques au monde : Sony Music. Les débuts du groupe ont tout d’une histoire entendue mille fois : trois ados tout juste majeurs – Beth Ditto, Nathan « Brace Paine » Howdeshell et Kathy Mendonca -, qui fuient leurs parents et leur ville natale pour aller s’installer à trois dans un appartement. Et que font trois musiciens quand ils se retrouvent ensemble dans une même pièce ? Ils forment un groupe. Les bases sont simples ; avec Nathan à la guitare, Kathy à la batterie et Beth au chant, la musique de Gossip sera punk ou ne sera pas.

Très vite, les trois amis enregistrent un premier EP,  »The Gossip », sur un label indépendant, bien évidemment. Inutile de le chercher, il est introuvable. Le premier album est par contre encore diffusé et il est assez facile de se le procurer. « That’s Not What I Heard », paru en 2001, a un petit côté White Stripes : même pays, même époque et mêmes couleurs : le rouge et le noir, la violence et le rock. Il y a du blues décharné dans les premiers pas musicaux de Beth Ditto, mais aussi une fougue féminine à la Runaways (premier groupe de Joan Jett, la fameuse interprète de  »I Love Rock’Roll ». Un film jouissif a été consacré à ce girls band punk à souhait). Le deuxième album, paru en 2003, reste dans la même veine et réaffirme, vindicatif, un son cru, vif et plein d’aigus. On doit cette particularité à la structure du groupe, qui évolue dans un premier temps sans bassiste et se passe donc de ces graves qui viennent souvent arrondir les angles.

C’est le départ de la batteuse, Kathy Mendonca, qui décide de devenir sage-femme (mieux eut-il valu que les futures mamans ne connaissent pas son passé de rock star…) et son remplacement par Hannah Blilie qui donnera une nouvelle direction au groupe. C’est donc dans une voie  »disco-punk » que le groupe s’engouffrera avec son troisième album,  »Standing in the Way of Control », qui sortira en 2006 et permettra à Gossip d’accéder à une première vague de succès. Le single, éponyme, deviendra disque d’or en Angleterre. Pourquoi sur la terre d’Elizabeth plutôt que sur celle de l’Oncle Sam ? D’abord, nul n’est prophète en son pays, c’est bien connu, et puis il ne faut pas oublier que le punk vient de là, avec les Sex Pistols et compagnie. Compréhensible donc que ce soient les Anglais qui aient les premiers adopté Beth et ses deux compagnons de route.

À partir de ce moment, Gossip commence à faire parler de lui. Musicalement bien sûr, les groupes de rock à voix féminine ne courent pas les rues, mais aussi grâce à l’esthétique particulière et l’idéologie que défend Beth Ditto. Malgré ses formes plus que généreuses, elle adopte un style vestimentaire punk-chic à la Vivienne Westwood, multiplie les couleurs flashy, dévoile un jeu de scène extrêmement énergique… et en plus de ça, elle revendique son homosexualité. Cette grande gueule devient alors la coqueluche des magazines, posant nue sur les couvertures ; elle sera même célébrée « personnalité rock la plus cool de l’année 2006″ par le magazine anglais NME et débattra sur la question de la taille XXL avec Karl Lagerfeld. Le terrain est donc bien préparé pour  »Music For Men », qui sort en 2009 et rencontre un énorme succès dans le monde et surtout en Europe : il sera double disque de platine en France, triple disque d’or en Allemagne…

Avec ce quatrième album, Gossip réaffirme sa volonté d’évoluer stylistiquement et de dévier de plus en plus vers la pop. Ce choix d’ouverture musical porte ses fruits, puisque le groupe accède à une large médiatisation, notamment grâce à sa signature sur une major, Sony, capable d’assurer au groupe la meilleure diffusion possible. Pour  »The Joyful Noise », dernière production studio parue au début de l’année, Beth Ditto assume le côté moins punk et aime l’idée d’être devenue une marque, assimilable par le plus grand nombre possible. Le but est simple : toucher un maximum de public avec son message de tolérance.

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