GROUPES PHARES, PRODUCTEURS STARS

Derrière tout bon groupe se cache un producteur tout aussi talentueux. Cet été, les artistes présents sur les festivals n’échappent pas à la règle et se payent souvent un homme de l’ombre qu’il fait bon suivre. Focus sur quelques-uns d’entre-eux.

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Chacun se presse devant les scènes pour y voir et entendre son ou ses groupes favoris, attendant avec impatience l’instant où ceux-ci entameront le morceau qui fait mouche, le tube du moment ou le titre mythique qui a forgé leur réputation. Ce dernier est souvent tiré d’un album, dont la couleur générale est due à une poignée d’hommes, dont un en particulier : le producteur. Attention tout de même à ne pas confondre : le vocable français souffre d’un manque qui n’aide pas à la distinction entre le producteur artistique et le producteur qui apporte le financement, soit le plus souvent la maison de disques. Il y a quelque temps, lors d’une interview des Meltones, groupe de rock français au riffs accrocheurs dont le premier disque fut produit par l’éminent Philippe Zdar (du groupe électro Cassius), les musiciens résumaient à merveille le travail de ce dernier en expliquant qu’il osait exploiter les idées à fond, monter le volume de certains instruments quand eux pensaient le baisser et qu’il apportait au disque la  »patte » Zdar. Il y a principalement deux types de producteurs : le musicien aux idées de génie et le maître aux doigts de fée. Voici quelques exemples.

Le musicien qui devient producteur part avec de l’avance. Il a montré avec sa musique qu’il a du talent à revendre et a forcément rencontré quelques tables de mixage dans sa vie. C’est le cas par exemple pour Philippe Zdar, un des porte-étendards de la French Touch avec son duo électro Cassius, qui a mis son grain de sel dans de nombreux albums dont le dernier de Housse de Racket,  »Alesia », que le groupe a fait détonner il y a peu aux Francofolies de La Rochelle. Il faut dire qu’être musicien d’électro apporte une carte supplémentaire dans le tripatouillage de boutons et de sons, la preuve avec Jamie Smith, alias Jamie XX, leader et producteur de son propre groupe, The XX, qui sera sur la scène de La Route du Rock à Saint-Malo le 11 août. Dans la même veine, le Français hyperactif Para One, dont le quatrième disque, intitulé  »Passion », vient de sortir. Entre deux enregistrements, il produit par exemple  »Defiant Order » de Birdy Nam Nam ou écrit quelques morceaux pour Alizée, quand il n’est pas occupé à faire tourner son label, Marble. On le retrouvera le 21 septembre sur la scène de Marsatac à Marseille. Dans la série, le chef de file est certainement Danger Mouse, illustre membre de Gnarls Barkley, mais aussi producteur de quelques-unes des plus belles têtes d’affiche de l’année, dont The Black Keys ou encore Electric Guest.

Comme tout le monde n’a pas l’audace ou l’envie d’un artiste comme Prince, qui a 17 ans demandait déjà à être son propre producteur pour son premier album, certains choisissent de s’en remettre à d’autres dont c’est le métier. Dans ce domaine, quelques-uns semblent être dotés du même don que le roi Midas, ils n’ont qu’à y toucher pour que ça se transforme en or.

Stuck In The Sound publiait son troisième album,  »Pursuit », en janvier :  »la distorsion a pris de l’ampleur, les guitares crachent des trombes d’accords soutenus par une basse lourde et marécageuse. La violence sait néanmoins prendre le contre-coup des déflagrations rythmiques.  »Pursuit », titre éponyme de l’album, est un véritable jeu de piste dans lequel la structure est torturée, passant du calme à l’ardeur en quelques notes à peine. » Fin de l’auto-citation. Pour produire ce dernier, ils ont fait appel à Nick Sansano. Si son nom n’est pas vraiment familier, le groupe avec lequel il a principalement travaillé l’est un peu plus. Il s’agit de Sonic Youth, figure majeure du rock alternatif dans les années 80, de quoi susciter quelques envies de collaboration… Les rockeurs parisiens seront au festival Marsatac le 29 septembre. La veille, on y verra le rappeur Orelsan, qui a placé derrière son album  »Le Chant des sirènes » un homme discret, mais efficace : Matthieu Le Carpentier, plus connu sous le nom de Skread. Célèbre ? Pas vraiment et pourtant la liste des artistes avec qui il a collaboré est suffisamment prestigieuse pour avoir confiance en lui. On compte dans son carnet d’adresse bon nombre de rappeurs français à succès, de Booba à Diam’s en passant par Rohff. Cette démarche est également suivie par Bloc Party, qui eux fouleront la scène de Rock en Seine le 24 août. Le nom de leur producteur, Paul Epworth, n’est pas très évocateur, alors cet homme est un aimant à Grammy. On le retrouve derrière les albums d’Adele, Foster The People, Kate Nash ou encore Primal Scream. Rien que ça. On l’affirme donc sans hésitation : derrière tout grand musicien se cache un producteur !

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