GUIDE PRESSION LIVE DES SORTIES DE LA RENTRÉE

La rentrée des classes se fait aussi pour les artistes. Une bonne fournée de disques pleins de bonnes résolutions débarque en ce mois de septembre. Encore une année qui s’annonce bien chargée en musique. Pression Live a défriché tout ça pour ne garder que le meilleur.

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Après trois semaines passées les pieds au bord de l’eau, dur retour à la réalité. L’été s’achève, laissant place au train-train du quotidien, avec en prime une boite mail pleine à craquer et des factures à payer. Mais parmi tous ces petits soucis post-estivaux traîne au moins une bonne nouvelle : la rentrée musicale ! La saison des festivals s’achève, mais les albums débarquent accompagnés de tournées et, vu la quantité de disques qu’on a sélectionnés, il n’y a pas de quoi s’ennuyer. Cette rentrée, qui commence en beauté, affiche au programme un retour musclé des légendes, des Français bien arrangés, quelques découvertes à ne pas manquer et de la pop survitaminée.

Pour pallier tout dépaysement suscité par quelques voyages aventureux, rien de tel que de commencer français. Benjamin Biolay confirme avec  »Vengeance » qu’il n’a rien perdu de sa  »Superbe » ni de son talent d’orchestration. Le premier extrait dévoilé laisse entendre le rappeur Orelsan chanter sur un savoureux mélange d’arrangements mi-classiques, mi-électros. Les baby-rockeurs devenus grands de BB Brunes semblent s’être adoucis depuis  »Dis-moi » et laissent place à une touche pop moderne anglo-saxone dans leur  »Long Courrier ». Ce désir de sophistication se retrouve chez Raphael et son  »Super Welter », qui drague lui aussi les sonorités d’outre-Manche. Attention cependant à ne pas croire que tous les coqs changent de navire, les joyeux trublions de Tryo conservent leur formule gagnante dans  »Ladilafé », plein de bonne humeur tendance reggae, sans oublier pour autant les paroles engagées. Idem pour Zebda et son grand retour à coup de  »Second tour ». Les toulousains ont d’ailleurs décidé de prolonger l’été et ses rayons de soleil méditerranéen, puisqu’ils joueront à Marseille dans un des derniers festivals de l’année, la Fiesta des Suds, le 20 octobre. Superbus fête de son côté ses 10 ans de carrière et son sixième album,  »Sunset », toujours aussi rock sucré, condensé de morceaux efficaces portés par la voix douce de Jennifer Ayache.

Conserver les valeurs, c’est aussi le credo d’Oxmo Puccino, qui affirme dans son  »Roi sans carrosse » que le rap, « c’était mieux maintenant ». En guise de mise en bouche, une longue vidéo qui réunit la crème du genre avec Orelsan (oui, il est partout !), Youssoupha, Busta Flex ou encore 20Syl. Ce dernier, en plus de bien rapper, fait partie de la dernière sensation du moment, C2C, le carton électro qui a fait un carnage à Rock en Seine. Leur premier album,  »Tetra », fraîchement sorti, en dit long sur le talent de ces quatre DJ qui se sont amusés à enregistrer eux-mêmes les parties instrumentales qu’ils ont ensuite samplées. Coup de cœur pour le titre  »Genius », en duo avec Gush, en mode french touch survoltée. Ils seront à l’affiche du festival Marsatac le 20 septembre, encore un événement sudiste qui défie la fin de l’été. Il accueillera également le lendemain un autre phénomène électro à base de sons eighties et de paillettes disco : Jupiter.

Côté étranger, les valises sont bien chargées, de nombreux cadors font leur retour sur disque. D’abord, l’ambassadeur Pression Live, Iggy Pop, qui s’est mis au français ces dernières années.  »Après », son 17e album solo, propose des versions crooner de standards français. Une manière de lever le pied après des années de rock débridé. Côté scène, il a toujours autant de mal à tenir en place, la preuve en direct à son concert privé avec les Stooges le 25 septembre. La fin d’année est également marquée par le  »Tempest » de Bob Dylan, entre country et blues, le chanteur-songwriter montre qu’il connaît la recette et qu’il sait toujours l’appliquer subtilement, même après toutes ces années de carrière. Le blues-rock fera aussi parler de lui, avec les albums de Lynyrd Skynyrd, fidèles à leur son électrique dans  »Last Of A Dyin’ Breed », tout autant que ZZ Top avec  »La Futura ». Eh non, la guitare ne sera pas en reste puisque Mark Knopfler, ancien membre de Dire Straits, revient lui aussi avec un album,  »Privateering », qui clame haut et fort que non, le blues n’est pas mort. Dans la série des retours il y en a un qui a fait mouche, il s’agit de The Darkness, qui publie  »Hot Cakes » sept ans après son dernier album. Du bon hard- rock dans la pure tradition, une voix haut perché et des solos enflammés. Le chanteur, Justin Hawkins, recruté après un karaoké, montre encore une fois qu’il est loin d’être un simple chanteur de bar. No Doubt adopte aussi la tendance puisque le groupe de Gwen Stefani n’avait rien sorti depuis  »Everything in Time » paru il y a déjà 9 ans. Avec  »Push And Shove », les quatre américains semblent décidés à coller à la mode du moment, les guitares rock s’effacent au profit d’une pop façon Pink, la pâte du légendaire interprète de  »Don’t Speak » en plus.

La case réorientation est partagée avec Cat Power,  »Sun » est son disque le plus pop et le plus lumineux, plus question pour elle de parler de déprime ou de spleen, ce qui la rend d’un coup beaucoup plus accessible aux non-initiés. Gwen et Cat ne sont pas les seules ressortissantes des années 90, car Alanis Morissette remonte elle aussi à la surface avec  »Havoc and Bright Lights », sauf que dans son cas, pas question d’abandonner les guitares saturées. Côté masculin, Archive trouve un équilibre proche de la perfection sur  »With Us Until You’re Dead  », envoûtant et sidéral. Bloc Party semble enclin à s’énerver un tantinet,  »Four » est nourri de riffs et semble rempli d’une hargne ravageuse, qu’on n’a pourtant eu du mal à trouver à Rock en Seine. Question de public peut-être. La grande surprise côté british reste tout de même Muse et  »The 2nd Law » qui se dévoile peu à peu sans laisser de place à la compréhension, entre Skrillex et Queen, on se demande un peu dans quel état Matt Bellamy a composé ce disque… On attend les autres titres de l’album avec impatience. Dans la catégorie petits nouveaux, The xx sort son deuxième album,  »Coexist », une pop sombre et teintée de sonorités électroniques, glaciale à souhait. Two Door Cinema Club, pour sa part, délaisse un peu l’électro pour retrouver les guitares et les arrangements plus classiques dans un  »Beacon », témoin évident d’une maturité que déplorent certains. Pourtant, sur disque, ça marche plutôt bien.

Une petite trentaine d’artistes pour combler un premier mois de retour au travail : il y a de quoi retrouver le sourire. Niveau concert, on est loin d’être en reste, en plus des tournées de la majorité de ceux dont on vous a parlé, on retrouvera sur scène les actifs d’avant l’été : Sébastien Tellier, Shaka Ponk, Dionysos, Gossip, The Black Keys… Allez, tout le monde à ses écouteurs.

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