MARINE SERPAULT, PROGRAMMATRICE DE LA SCÈNE PRESSION LIVE AU PRINTEMPS DE BOURGES

Voilà maintenant trois ans que Marine Serpault affine ses talents de programmatrice pour la scène Pression Live du Printemps de Bourges. Son credo ? Faire jouer sur une scène « off » ceux qui seront les artistes « in » de demain.

m_serpault_546x363
Pression Live: Cela fait maintenant trois ans que tu es programmatrice chez Pression Live, comment as-tu atterri ici ?
Marine Serpault: Avant je bossais pour un tourneur, je m’occupais de la production des tournées de groupes d’électro comme Yuksek à l’international, au Japon, aux Etats-Unis, en Australie et bien sûr en Europe. J’ai choisi de travailler avec Pression Live parce que ça me permettait de faire de la programmation, chose que j’avais déjà faite en associatif pour une radio nantaise, Radio Prun’, et j’avais envie de réitérer l’expérience de manière plus professionnelle.

Pression Live: Quel est ton maître-mot quand tu prépares la programmation de la scène Pression Live ?
Marine Serpault: Mes oreilles et mes yeux ! J’ai toujours plein d’idées quand je commence à programmer. Je me fais une liste au fur et à mesure de l’année, un récapitulatif de ce que j’ai vu en live, avec des petites critiques, il y a des artistes que j’ai adorés, mais que je ne peux pas avoir pour diverses raisons, comme la disponibilité des groupes. Vraiment, mon maître-mot je pense que c’est le coup de cœur. Je pense que j’ai un peu de flair, puisque les éditions précédentes ont été un succès, et même si on est axés à 100% sur la découverte, la scène Pression attire l’œil ! Le but est d’offrir à un public qui ne va pas forcément payer une place des groupes de qualité avec un véritable intérêt artistique et une cohérence dans la programmation.

Pression Live: Et puis la découverte, c’est un peu la marque de fabrique du Printemps de Bourges…
Marine Serpault: On est totalement là-dedans. Les premières parties sont vraiment des groupes pas très connus, là c’est de la pure découverte, ils ne sont pas très bien intégrés dans les réseaux professionnels, voire pas du tout. Je programme des groupes en qui je trouve un réel potentiel, les deuxièmes parties de soirée accueillent des groupes qui ont déjà été un peu développés, ils sont plus professionnalisés et ont déjà ou vont sortir un album. Les derniers à passer sont plus installés, ils ont déjà été pas mal chroniqués et ont déjà une bonne notoriété.

Pression Live: Comment s’inscrit la programmation de la scène Pression Live au sein du Printemps de Bourges ?
Marine Serpault: Ça reste du « off », excepté pour le dimanche où on fait du « in ». Je travaille de manière assez rapprochée avec les directeurs artistiques du Printemps parce qu’il ne faut pas qu’il y ait des groupes à eux programmés sur ma scène et inversement. Bien entendu ils ont la priorité sur les artistes qu’ils désirent. On se soumet des artistes, c’est une super collaboration, ça se passe super bien.

Pression Live: Et alors quels sont les retours sur ta programmation ?
Marine Serpault: Je n’ai pas vraiment de retour direct du public, je n’ai pas de moyens de savoir qui vient, mais ce qui est sûr, c’est qu’il y a toujours du monde sur cette scène, ce qui est plutôt bon signe. Je me souviens la première année j’avais programmé I Am Un Chien. En me baladant, quelqu’un m’a demandé où se trouvait la scène Pression live pour pouvoir les voir. C’est génial, les gens en parlent et connaissent la scène. Du côté des artistes aussi la scène est appréciée, comme la fois où les musiciens de la Mano Negra sont venus taper le bœuf, c’était pas prévu mais ça a fait une bonne surprise pour tout le monde. Les pros aussi viennent voir ce qui s’y passe, même si c’est du « off », il peut y avoir jusqu’à une vingtaine de programmateurs qui passent pour écouter les artistes, je trouve ça appréciable.

Pression Live: Qu’est ce qui a évolué sur cette scène en trois ans de programmation ?
Marine Serpault: Beaucoup de choses ! Déjà personnellement, j’ai progressé d’année en année dans ma manière de programmer. Il y a aussi le fait qu’avant, c’étaient que des tremplins qui manquaient de cohérence artistique globale, il n’y avait pas de ligne directrice globale, ce qui n’a pas empêché d’avoir de super groupes, comme Moriarty par exemple. Là j’essaie de donner une couleur, et d’année en année la programmation gagne en crédibilité et est de plus en plus reconnue.

Pression Live: Pour conclure, peux-tu me donner le ton de cette programmation en trois mots ?
Marine Serpault: Découverte, pop-rock et talent ! On pourrait ajouter indé, mais j’ai un point d’honneur, c’est que les groupes que je programme sur la scène Pression Live ne sont pas les groupes programmés sur toutes les scènes gratuites, parce que Bourges est un endroit avec beaucoup de public et beaucoup de pros, et chaque groupe a le droit d’avoir l’opportunité de jouer. Il ne faut pas qu’il y ait des groupes qui soient programmés trois fois et prennent toute la place, tous les groupes ont droit à une visibilité et à une chance.

La programmation au jour le jour commentée par Marine Serpault : Du 25 au 29 avril

Mercredi 25 : John Morillon, un petit groupe français qui a été présélectionné aux Découvertes Printemps de Bourges et qui finalement a été recalé sur les dernières sélections. Tahin, un groupe Breton, dont s’occupe l’ancien manager de Pony Pony Run Run, qui va certainement bien faire parler de lui cette année.

Jeudi 26 : Clock’N Work, groupe parisien bien garage rock comme il faut ! Success, sortent leur premier album un peu après le Printemps de Bourges. Ils ont déjà fait beaucoup de festivals comme les Transmusicales ou Les Trois Eléphants. Elephanz dont on entend déjà pas mal parler. Ils sortent aussi leur premier album très bientôt.

Vendredi 27 : No Flag Project, anciennement King Of Conspiracy, ils ont fait Rock en Scène il y a deux ans. Bikinians viennent d’entrer dans la course et on en entendra parler cette année, forcément puisque c’est le but du jeu de cette scène. Fuel Fandango, un groupe espagnol qui a fait une super belle performance aux Transmusicales et qu’on attend donc avec impatience.

Samedi 28 : I Come From Pop, encore des Bretons qui font une pop aérienne. The Chase de Montpellier. Kakkmaddafakka, des Norvégiens qui font clairement de la pop, ils sont géniaux en live.

Dimanche 29 : JeanFrançoiZe, monté par les anciens choristes de Philippe Katerine, pas vraiment burlesque mais qui aime bien chatouiller le public. Cafetera Roja, de la pop très hip-hop made in Barcelone. The Buttshakers, une chanteuse américaine accompagnée par des musiciens français, c’est clairement du soul-funk-rock et ça décoiffe ! Une programmation assez variée au niveau des styles, mais il faut qu’il y ait une inspiration rock ou pop.

À vos commentaires