PRESSION LIVE S’INVITE À ROCK EN SEINE

Cette année encore, Pression Live pose ses valises au festival Rock en Seine, qui se déroule du 24 au 26 août au Domaine de Saint-Cloud. Focus sur la programmation riche de la scène Pression Live, qui promet des découvertes, de la pop, du rock, de l’électro… Bref, des concerts hauts en couleurs !

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Rock en Seine, un des derniers festivals de l’été, promet de clore dignement la saison estivale et musicale. Pour ce faire, Pression Live a mis la main à la pâte et ajoute son grain de sel sur la scène qui portera ses couleurs. Au programme, 16 concerts en forme de métissage musical pour découvrir ou redécouvrir des artistes à la réputation déjà bien assise dans leurs styles respectifs et qui n’auront aucun mal à soulever les foules. Même si la pop reste le fil conducteur de ces trois soirées qui s’annoncent enflammées, plus qu’un genre c’est à la musique dans son ensemble que Pression Live rend hommage. Parcours en détail de ce qui nous attend le dernier week-end du mois d’août. Vendredi 24 : Songe d’une nuit d’été Pour ouvrir le bal, rendez-vous à 15h avec Crane Angels. Quelque part entre Noah and the Whale, Vampire Weekend et les Beach Boys, la troupe bordelaise à plus d’un choeur dans son sac. Derrière ce pop-rock aux riffs vaporeux se cachent pas moins de huit choristes et, comme si cela ne suffisait pas, les musiciens poussent eux-aussi la chansonnette. Ce sont donc au total 12 voix qui se croisent dans ces morceaux aux allures messianiques, portés par ces  »Messengers of Love » qu’on croisera volontiers pour bien commencer la soirée. Les paysages, nourris de grands espaces, dessinés par le groupe, ouvriront la voix à la chanteuse déjantée Grimes, tout droit venue des forêts canadiennes. Seule, armée de son synthé duquel sort ses boucles musicales toutes plus folles les unes que les autres, elle assume un style hors norme entre électro sombre et voix pop parfois enfantine. Un univers décalé et enfumé (elle affectionne les fumigènes sur scène) duquel il est difficile de décrocher. Cette façon de déconstruire les genres se retrouvera chez l’Américaine Beth Jeans Houghton, dont les racines folk se perdent dans une nuée d’arrangements en forme de songe enneigé. Son timbre aigu et léger remet au goût du jour un genre vieux d’un demi-siècle en lui ajoutant ce petit côté pop-indé résolument moderne. Voilà de quoi couler doucement vers Dark Dark Dark, qui partage avec celle qu’il succédera sur scène une chanteuse à la voix envoûtante, un goût prononcé pour les arrangements travaillés et une passion commune pour la folk. Glanant des mélodies plutôt sombre, comme un relent de nostalgie, c’est pourtant la pop-indé qui prend les devants au sein du groupe de Minneapolis, à qui on prêterait volontiers des liens fraternels avec Lykke Li ou encore Florence and the Machine. Pour clore cette soirée en forme de chevauchée hypnotique, le label Bromance Records lâche trois de ses poulains électro-actifs : Brodinski, Gesaffelstein et le quatuor Club Cheval. Une électro furieuse pour un état de transe assuré.

Samedi 25 : Rock It Ume quitte son pays d’origine, les Etats-Unis, pour la première fois de sa carrière et vient déverser dans l’Hexagone ses sonorités heavy, rock et pop portées par une chanteuse féline. La journée commencera donc très fort avec sa touche de folie réglementaire. Attention risque de coup de foudre immédiat avec Lauren Larso, leader du groupe. Vous serez prévenus. Après cette déferlante musclée mais sexy, Toy s’attaquera au shoegazing teinté de rock psychédélique. Direction Manchester, où les cinq Londoniens ont certainement été puiser une partie de leurs influences, Stone Roses en tête. Ils ont également dû aller lorgner du côté d’Oklahoma, ville d’origine des psychédéliques Flaming Lips. Impossible que cette référence ne soit pas partagée par The Bots, duo punk droit venu de Los Angeles. Âgés de 18 et 14 ans, ces deux frères (d)étonnent et bousculent les normes à grands coups de guitare saturée, façon White Stripes impétueux. Leur musique urgente, sale, écorchée ferait une parfaite B.O. non officielle du  »Wassup Rockers » de Larry Clark. Pour faire d’une pierre deux coups, leur confrère du Mississippi, Bass drum of Death maintiendra la pression avec son rock garage, grunge et effréné, simple et brutal. A vous les pogos. Histoire de faire sécher la sueur dégoulinant de tous les fronts, Ed Sheeran viendra calmer le jeu. Entre folk et hip-hop (oui oui, c’est possible), le jeune songwriter de 21 ans a déjà trois albums et de nombreux EP à son actif. Malgré ses origines anglo-saxonnes, le chanteur a été nourri aux artistes américains. Un mariage anglophone dont le résultat est sans appel : la classe anglaise côtoie les secrets de production à l’américaine. Il laissera enfin la place à un crooner d’un autre acabit, Mark Lanegan. Le chanteur à la voix éraillée, qui semble pour sa part biberonné au whisky, pourrait être le cousin de Tom Waits. Des briquets vont s’allumer et des poils s’hérisser.

Dimanche 26 : Pop it up ! Le jour de plier bagage et de préparer sereinement l’année suivante ne sera pas en reste côté programmation. Avec Friends, retour à la pop indépendante, mais il s’agit avec eux d’une mouture à laquelle aurait tort de tenter de tracer un chemin. Pour cause, derrière les nappes de claviers se cachent parfois une basse funky ou une rythmique r’n'b nineties. La dangereuse et pulpeuse Samantha Urbani passera ensuite le flambeau à Kimbra, qui a bien une vie à côté du  »Somebody That I Used To Know » qu’elle chante en duo avec Gotye. On lui prêtait un registre très pop, on s’était à moitié trompé puisque la Néo-Zélandaise sait se faire très groovy, en témoigne son  »Come Into My Head » qui drague avec ferveur la soul et la funk façon Motown moderne. Avec Passion Pit, dont le titre  »Sleepyhead » traîne toujours dans un coin de cerveau depuis sa sortie en 2010, le flambeau sera repris dignement. Electro-pop est le terme parfaitement taillé pour le groupe à la musique sautillante et synthétique, on ne manquera d’ailleurs pas de gober leur deuxième album fraîchement sorti,  »Gossamer » pour s’en convaincre une nouvelle fois. Avant le dernier concert, Beach House et sa pop délicate, dix artistes se succéderont le temps d’une chanson, dans le cadre du Avant-Seine All Stars. Un moment exceptionnel dont on se réjouit d’avance : Gush, Stuck In The Sound ou encore les Hushpuppies interpréteront chacun un morceau qui a marqué la décennie, de  »Hey Ya » d’Outkast à  »Last Night » des Strokes en passant par  »D.A.N.C.E » de Justice. Le tout animé par les  »air musiciens » d’Airnadette. Le clou du spectacle enfoncé à coup de massue rock’n'oll…

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