QU’IL EST BON DE RETROUVER DIONYSOS

Cinq ans après  »La Mécanique du Cœur », Dionysos est enfin revenu en début d’année avec son  »Bird ‘n’ Roll » fidèle à l’univers si particulier du groupe. De quoi se rappeler que  »Song For Jedi », c’était il y a dix ans déjà. Pression Live fait gagner des places pour le concert du 11 octobre à l’Olympia.

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 »When I was a child, I was a Jedi »

Cette chanson, la première du groupe a percer les ondes radio, semble être celle qui restera l’hymne du groupe dans le sens où elle résume parfaitement les ingrédients irrésistibles de Dionysos. Le riff, simple mais efficace, est digne des plus grands morceaux de rock, il colle aux tympans pour un bon moment, sans jamais agacer, assez rare pour le signaler. L’alternance anglais-français, sans jamais verser dans la copie anglophone, montre que Dionysos sait faire du rock français dans le bon sens du terme. Depuis 1996, date de sortie du petit premier,  »Happening Song », Mathias Malzieu passe d’une langue à l’autre sans difficulté mais jamais sans raisons et toujours avec cet accent assumé qui ne drague en aucun cas l’outre-Manche. Dionysos sait faire du rock français. Les paroles sont toujours extrêmement lyriques et imagées, comme cette histoire de Jedi et de pyrogravure, entre le rêve et la folie. Magique. Enfin, Babet, qui donne la réplique à Mathias depuis  »The Sun Is Blue Like the Eggs in Winter », le deuxième album du groupe, paru en 1998. Quand elle n’illumine pas les chansons de sa voix douce et enfantine, c’est avec son violon qu’elle soutient les chansons. La coccinelle, premier clip du groupe, illustre bien cet univers Dionysiaque…

 »Tes lacets sont des fées, tu marches dessus »

Après  »Haïku » et  »Western sous la neige », qui placent définitivement Dionysos dans la catégorie des incontournables, le groupe rattache son identité déjà très marquée à un univers visuel qui lui collera à la peau pour les deux albums suivants.  »Monster In Love » et  »La Mécanique du Cœur », dont les thèmes sont très proches des romans de Mathias, voient aussi apparaître le ukulélé, joué par Joann Sfar, qui sera aussi le dessinateur du groupe, fixant des images sur les mots. Dionysos devient alors un peu plus sombre, les illustrations de Sfar s’adaptent à merveille aux thèmes abordés dans les albums. Des personnages récurrents font aussi leur apparition, comme Tom Cloudman ou Giant Jack, eux aussi tout droit sortis des romans de Mathias, comme  »Maintenant qu’il fait tout le temps nuit sur toi ». Cette période fait suite au décès de sa mère, mais loin de l’entraîner dans la dépression, ce triste événement donne au chanteur l’occasion de déplacer son imagination vers des ambiances plus torturées mais non moins fantasques, en témoigne ce  »sanglophone », instrument imaginaire enregistrant les cris des fantômes. Les noms des chansons de  »Monster In Love » sont pensés comme des titres de films, un concept qui ne fait qu’augmenter la dimension cinématographique du groupe. Cela ne s’arrête pas là, un film en 3D avec Luc Besson est prévu pour l’année prochaine…

 »Monster In Live »

Ce qui distingue Dionysos d’un bon nombre de groupes, ce sont ses prestations scéniques. Depuis 15 ans que la formation existe, on ne cesse de le dire : c’est un monstre en live ! Pour s’en convaincre, il suffit de se repasser  »Monster In Live » ou l’édition deux disques de  »Monster In Love » qui contient un enregistrement de concert à l’Olympia. Avec  »Bird’ N’ Roll », fraîchement sorti, c’est le retour aux sources. Rock’ N’ Roll, chansons rapides et furieuses, toutes guitares dehors. Évidemment, sur scène, Dionysos ne déroge pas à la règle, comme nous le disait Mathias lors de son passage à Garorock :  »En concert, avec la nouvelle danse de Bird’n'Roll, on a réussi à avoir des publics qui décollent à sept ou huit mètres de haut. Il y a beaucoup de gens déguisés en oiseaux. Beaucoup de gens viennent nus, c’est un nouveau truc qui est peut-être lié aux manifestations étudiantes au Québec… Ça crie énormément, ça sifflote les mélodies, beaucoup de gens pleurent dès le premier morceau. On a eu des inondations sur un précédent concert, où les gens ont sorti des petits canots de sauvetage rouges, certains avaient prévu le coup et les avaient recouverts de plumes. » Qu’il est bon de retrouver Dionysos, après 5 ans d’absence sur disque, dans les festivals, pour un déluge d’énergie et de folie. Le groupe sera aux Francofolies le 12 juillet, à Musilac le 13, au Festival du Poupet le 27 et reviendra dans la capitale le 24 août pour Rock en Seine. Courrez voir ces drôles d’oiseaux, le 11 octobre à l’Olympia par exemple. Pression Live y sera et vous fait gagner des places pour partager tout ça !

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