Rock et « Belgitude » : un mariage réussi !

Rythmes décomplexés, mélodies vibrantes, textes bien sentis : voici les ingrédients servis ces derniers temps par la scène rock belge, laquelle s’est rarement si bien portée et pour cause ! De Girls in Hawaii à Hollywood Pornstars, en passant par Ghinzu, The Tellers, Sharko, ou des groupes ayant fait leur trou à l’international comme Soldout, Hooverphonic ou dEUS, des artistes aussi charismatiques que culottés ont mis le grappin sur le genre. Petit tour d’horizon d’une tendance qui fait du bien aux tympans – et au moral.

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Non, ne rentrons pas dans le débat cliché sur la « Belgitude », citée à tout-va par tous… Sauf par nos amis belges. Parlons vrai. Parlons rock. Un vent de décomplexion souffle sur les muses des artistes originaires de ces latitudes. Déjà, dès les années 60, The Wallace Collection balisait le terrain avec « Daydream ». Le problème, lorsqu’on fait du rock Brit’ aussi bien que nos camarades d’outre Manche, c’est qu’on est vite assimilé… à un groupe Brit’ (logique implacable :) ). Mais qu’importe, la scène belge sait se mettre en valeur et de véritables légendes font leurs débuts, comme les Eagles (pas les Eagles du tube « Hotel California », entendons-nous), Burt Blanca, le mercenaire Bob Dartsch, Les Ducs, etc.

groupes années 70

Doctor Down Trip, Carriage Company, Kleptomania, Burning PLague, Jenghiz Khan, … Les groupes de talent fleurissent sur la scène belge. Les années 70 nous offrirons des perles écorchées comme Machiavel et, dans un autre genre, Pierre Rapsat ou encore Arno et sa voix éraillée qui tord les boyaux et secoue les âmes. C’est bon. C’est belge. On comprend assez mal d’ailleurs pourquoi le groupe TC Matic, mené par le crooner, n’a jamais vraiment décollé au delà des frontières belges. Mais à défaut de succès international, ils ont amplement déblayé la route des groupes dont on fredonne aujourd’hui les airs sans trop savoir d’où ils viennent, plus enclins que nous sommes, nous Français, à rire de nos voisins qu’à leur attribuer les mérites musicaux qui leurs reviennent.

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Ellipse. Nous voilà dans les années 90. Tom Barman mène un groupe surréaliste, un poil pop, un chouïa jazz, mais résolument rock. dEUS décontenance le public et la critique, avec ses expérimentations kaléidoscopiques. Art Rock, disent-ils de leur propre genre. Après eux, c’est Sharko qui s’accroche à la corde musicale et nous assène trois coups de grâce. Trois albums. Trois perles de rock alternatif qui prend aux tripes et coupe le souffle. Incontournables sales gosses de la scène rock-noise, citons aussi les bonhommes de Ghinzu dont le son sauvage a su séduire l’Europe. Sans oublier Girls in Hawaii qui, loin de nous envoyer sur les plages et le sable blanc, nous attire dans les profondeurs d’un rock à la fois rythmé et mélodique, mélancolique pile ce qu’il faut, juste, dissonant, frais sans être mièvre.

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On n’a même pas cité l’électro de Soldout, le son délirant de Soulwax, la verve de K’s Choice, de Venus, Zita Swoon, Dead Man Ray, et on en passe… Mais vous nous pardonnerez, tout bêtement parce que si on se lance sur le sujet, on y sera encore après demain.

Oui, il faut le dire, la Belgique est une couveuse de talents. Merci pour nos oreilles ravies, nos âmes charmées, notre coeur qui bat la mesure. Le rock est à l’heure belge… Et ce, pour le meilleur.

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