SE PAYER L’AFFICHE

A l’heure où la majorité des notes qui arrivent à nos oreilles ne sont représentées que par un nom « .mp3 », beaucoup défendent le retour à la notion d’identité visuelle imposée il y a plus d’un demi-siècle par nos chers amis les vinyles. Les festivals l’ont bien compris et redoublent d’imagination quand il s’agit de combiner les images. Démonstration.

affiche_546x363

C’est bien connu, l’habit ne fait pas le moine. Pourtant, on a rarement vu un homme d’église perfecto sur les épaules et santiags au pied. Le topo est donc simple : l’affiche d’un festival est souvent représentative de sa programmation (personne n’a encore eu l’audace de mettre Casimir sur son fly pour annoncer le concert de Metallica…), du moins dans les grandes lignes, histoire que personne ne se pointe au Sonisphère en espérant pouvoir y danser la gigue au son de l’accordéon. Bien sûr, chaque événement a sa marque de fabrique, et chaque image affiliée à une programmation, porte son lot de références et renvoie à une spécialité maison. Voici quelques exemples piochés dans le lot (bien fourni) de festivals hexagonaux.

Le premier sur la liste est certainement le festival des Vielles Charrues qui, en terme d’association d’idées, à fait très fort cette année. L’affiche, d’un jaune qui ferait pâlir Pikachu, arbore fièrement quatre supers héros, ainsi qu’un non tamponné d’un bleu pétant sur lequel même superman devrait prendre exemple. Du coup, on est bien loin d’être surpris à la lecture des noms de ceux qui fouleront la scène bretonne : Sting, Bob Dylan, The Cure, Justice… quatre noms et quatre « music-heroes » qui ont marqué de leur patte l’histoire de la musique. Voilà, clair, simple et efficace si une envie de superstar nous prend soudainement entre le 19 et le 22 juillet, on sait que c’est au pays des pommes qu’il faudra se rendre. A ce jeu là, Rock en Seine (du 24 au 26 août) tire également son épingle en se munissant d’un marin musclé. Pas clair ? Eau = la Seine. Muscle = Énergie. Marin = Rock (si si, depuis que Keith Richards a changé de look). Ainsi, pas étonnant de retrouver Stuck In The Sound, Placebo ou encore The Black Keys dans la programmation. Bon, ce n’est tout de même pas une raison valable pour projeter d’y aller en pirogue….

Loin du message subliminal, c’est plus en terme d’emblème qu’il faut considérer ce travail, loin d’être simple car il ne faut pas qu’il y ait de confusion ni d’amalgame. Dans cette optique, le rouge n’est pas la couleur de l’amour, mais celle de la puissance de feu d’une armada de guitares. Oui, dans l’imaginaire collectif, cette couleur a toujours été associée au rock, et ce ne sont pas les White Stripes (paix à leur âme) qui le contrediront. Ainsi, Garorock et Sonisphère marquent à fond le code couleur noir, rouge et blanc, pour un programme on ne peut plus ancré dans la musique du diable. Les logos sont presque mis au placard, ce qui compte sur ces affiches ce sont les noms, qui parlent pour eux-mêmes. Pour le premier, qui se déroule du 8 au 10 juin à Marmande ce sont des artistes comme NOFX ou The Hives (qui revient d’ailleurs sur disque le 5 juin avec un nouvel album, Lex Hives) ou The Offspring (pour eux, c’est « Days Go By » qui a atterri dans les bacs le 27 avril). A Sonisphère, ce seront Marilyn Manson ou encore Evanescence qui défendront l’étendard tricolore. « Rock’n'Roll Is Dead », êtes-vous sûr, monsieur Lenny Kravitz ?

À vos commentaires